Cap sur les aides de la rénovation en 2026
Retour sur une année 2025 intense pour la rénovation énergétique : hausse record des aides, relance des rénovations d’ampleur, mais aussi instabilité réglementaire. En 2026, malgré des ambitions fortes, MaPrimeRénov’ démarre sur pause, tandis que les CEE entrent en 6ᵉ période avec des moyens renforcés.

Cap sur les aides à la rénovation en 2026
2025 dans la rénovation énergétique, ça a donné quoi ?
Qui se rappelle des webinaires qui présentaient en grande pompe la rénovation d’ampleur chez MaPrimeRénov’, avec un dispositif miracle censé révolutionner la rénovation des maisons individuelles :
- Mise à jour des règles générales au 1ᵉʳ janvier 2025.
- Tentative de pause estivale, puis maintien des aides pour les petits travaux.
- Réouverture ciblée du guichet Rénovation d’ampleur (30 septembre), avec quotas et plafonds d’aides réduits pour les rénovations globales.
(Je vous épargne pas mal de modifications des règles et du fonctionnement…)
Beaucoup d’entreprises se sont structurées pour proposer ce type de rénovation ou simplement s’organisent dans la production de leurs travaux : simulations, visites techniques, études de projet avec des dossiers complexes, dans un système changeant et un modèle qui n’empêche pas la fraude. Ce manque de stabilité dégage un manque de confiance dans les aides de la rénovation. Les acteurs attendent maintenant des dispositifs sur lesquels s'établir au long terme, toutefois des points positifs sont à relever notamment l'évolution du nombre de travaux.
Mais c’est aussi :
- +63 % de logements rénovés au 3ᵉ trimestre 2025 par rapport à la même période en 2024.
- +83 % d’aides accordées depuis le début de 2025 vs début 2024.
Grâce notamment à :
- 226 101 logements rénovés au 3ᵉ trimestre 2025 avec MaPrimeRénov’.
- Parmi eux, 77 650 rénovations d’ampleur (avec gain de performance énergétique significatif) ont été réalisées depuis le début de l’année.
Pour des montants engagés de :
- ≈ 5,2 milliards € de travaux générés par les opérations financées.
- ≈ 2,685 milliards € d’aides accordées par l’État / Anah au titre de MaPrimeRénov’ (hors autres dispositifs).
+ le dernier trimestre, qui n’est pas encore publié
Et pour les CEE :
En 2025, l’enveloppe consacrée aux Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) représentait environ 6 milliards d’euros, contre 5 milliards en 2024 (donnée estimative). Un montant encourageant qui témoigne de l’évolution du dispositif.
Cette évolution est portée par des acteurs engagés et des décisions qui ont donné lieu à des évolutions réglementaires liées au contrôle et à la valorisation de nouvelles fiches.
Les fiches bien valorisées en 2025 :
- Travaux d’isolation du bâti (murs, toitures, planchers) — séries BAR‑EN, BAT‑EN
- Systèmes de chauffage performants (pompes à chaleur, chaudières à haute performance) — valorisés via BAR‑TH, BAT‑TH. Le “coup de pouce chauffage” et une bonification à mi-année ont renforcé l’intérêt pour ces travaux, notamment les PAC.
- Équipements économes (thermostats, robinets thermostatiques, systèmes de régulation) — BAR‑EQ, BAT‑EQ
- Efficacité industrielle — IND‑UT, IND‑BA
- Secteur transport ou réseaux (chaleur/froid) — TRA‑EQ, RES‑CH
Côté spot :
En 2025, le prix spot des CEE a connu une hausse progressive, passant de 7,9 € à 8,5 €/MWhc en fin d’année pour les CEE classiques. Sur des plateformes comme C2E Market, les cours ont atteint jusqu’à 9,5 €/MWhc, tandis que les CEE précarité dépassaient les 15 €/MWhc. Cette évolution modérée reflète un marché stabilisé mais dynamique, soutenu par la fin de la 5ᵉ période et les ajustements réglementaires.
Et maintenant :
À ce jour, le budget de l’État pour l’année 2026 n’a pas encore été définitivement adopté, ce qui impacte directement le déploiement de certaines aides publiques à la rénovation énergétique.
En effet, un nouveau vote parlementaire est prévu courant janvier, dans l’attente d’un accord sur les crédits alloués. Dans ce contexte transitoire, le dispositif MaPrimeRénov’ reste temporairement suspendu, les demandes étant gelées jusqu’à validation du budget. Cette situation crée une incertitude pour les ménages et les professionnels du secteur, en particulier ceux engagés dans des projets prévus en ce début d’année.
- Nouveaux dossiers : Aucun dépôt possible.
- Dossiers déposés non validés : Instruits après le vote du budget 2026, avec des délais allongés (plus de 4 mois).
- Dossiers validés avant le 1ᵉʳ janvier : Les travaux peuvent se faire, les paiements et avances seront traités normalement.

Côté CEE : let’s go, P6 !
- La nouvelle période des CEE a commencé le 1ᵉʳ janvier 2026, avec des objectifs renforcés de +27 % par rapport à la précédente, traduisant une volonté claire d’accélérer la transition énergétique.
Davantage de primes CEE seront disponibles pour les particuliers, copropriétés, bailleurs sociaux et entreprises. Cela signifie plus d’aides pour financer l’isolation, le chauffage performant ou les rénovations globales, en particulier pour les foyers modestes. Une très bonne nouvelle pour le secteur.
- Arrivée des fiches pour les systèmes géothermiques résidentiels et tertiaires, PAC collectives (air/eau, eau/eau) → les anciennes fiches (ex : BAR‑TH‑166, BAT‑TH‑113) sont supprimées à partir de 2026.
- Bonifications prolongées ou renforcées pour certaines fiches (ex : solaire combiné, réseaux de chaleur).
- Évolutions favorables au financement des solutions collectives, notamment en copropriété.

Cap sur 2K26
Pour MaPrimeRénov’
En 2026, le budget global de l’Anah atteindrait 4,6 milliards d’euros, dont 4,4 milliards pour les aides aux ménages, un niveau identique à 2025, malgré les contraintes budgétaires.
Cette stabilité financière vise à offrir de la visibilité aux professionnels et à garantir la continuité du dispositif, sous réserve de l’adoption de la loi de finances. Les objectifs :
- 120 000 rénovations d’ampleur (contre 90 000 en 2024)
- 150 000 rénovations par geste, avec un focus sur la décarbonation du chauffage
- 300 millions € pour les copropriétés en difficulté
- 41 000 logements adaptés via MaPrimeAdapt’
- 350 000 logements aidés en 2026 (vs. 400 000 en 2024), avec un accent sur la qualité et l’impact
- 85 % des aides gérées localement, pour une action de proximité
📌 Ces chiffres peuvent être nuancés par d’éventuelles modifications ou les chantiers déposés en 2025, qui pourraient représenter une part du budget 2026.
MaPrimeRénov’ 2026 : fin de l’aide à l’ITE en monogeste
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, l’isolation des murs par l’extérieur (ITE) n’est plus éligible en monogeste. Elle reste financée uniquement dans le cadre d’une rénovation d’ampleur, avec un gain énergétique d’au moins deux classes DPE.
Ce recentrage vise à soutenir les rénovations globales performantes, en cohérence avec la Stratégie Nationale Bas Carbone.
Pour les CEE
L’enveloppe dédiée aux CEE dépassera les 8 milliards € en 2026, contre 6 milliards environ en 2025. Ce renforcement accompagne la montée en puissance de la 6ᵉ période et vise à soutenir les rénovations dans :
- le résidentiel,
- mais aussi désormais le tertiaire, qui bénéficie d’une attention accrue :
- bureaux, commerces, établissements de santé, enseignement, etc.
- régulation intelligente, rénovation des éclairages, systèmes de chauffage
Une nouvelle fiche "rénovation globale tertiaire" est introduite pour favoriser des projets multi-gestes cohérents et ambitieux, notamment pour répondre aux exigences du décret tertiaire (>1 000 m²).
Nouvelles fiches tertiaires en vigueur depuis le 01/01/2026
- BAT‑TH‑162 : système géothermique
- BAT‑TH‑163 : PAC air/eau tertiaire
- BAT‑TH‑164 : PAC eau/eau tertiaire
- BAT‑TH‑179 / 180 : PAC collectives
👉 Ces fiches remplacent notamment BAT‑TH‑113.
Autres fiches toujours en vigueur :
- BAT‑EN‑101 / 103 / 107 : isolation (toitures, planchers, etc.)
- BAT‑TH‑116 à 146 : régulation, ventilation, récupération de chaleur, réseaux de chaleur…
Conclusion : des dispositifs ambitieux, à suivre de près
En 2026, les dispositifs MaPrimeRénov’ et CEE poursuivent leur montée en puissance, avec des objectifs qualitatifs renforcés et un recentrage vers des projets globaux, durables et encadrés.
Mais tout cela reste fragile :
- dépendance aux arbitrages budgétaires,
- changements réglementaires fréquents,
- et une instabilité du marché, comme en témoigne la suspension temporaire de MaPrimeRénov’ en ce début d’année.
👉 Professionnels, collectivités, bénéficiaires : restez vigilants, informés et bien accompagnés. Dans ce contexte mouvant, l’anticipation est la clé pour sécuriser vos projets et profiter pleinement des dispositifs disponibles.

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